UNE ANNÉE
À LA FERME
Nous avons créé un mode de vie basé sur le travail en forêt et à la ferme, en suivant les saisons. Nous vous proposons de faire une incursion dans notre vie rythmée par notre quête d'autonomie alimentaire, de vous faire part de ce qui nous anime, mois après mois, grâce à ces extraits des infolettres envoyées au cours des dernières années.
JANVIER
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«Nos animaux vont librement à l'extérieur été comme hiver. Ils vivent dans une étable froide dont la porte est toujours ouverte! L'étable froide est isolée, mais pas du tout chauffée. Les porcs l'utilisent pour s'abriter du vent et du froid comme dans un terrier. Une de nos principales tâches en hiver dans l'étable est de leur fournir de la paille en quantité suffisante. C'est ainsi qu'ils restent au sec et au chaud. Les cochons adorent les journées de paillage. Ils passent des heures à défaire les grosses balles, à en mettre partout (avec leur gueule) et à faire et refaire leurs couchettes.
Grâce à leur lard, les porcs supportent très bien le froid. Lors des nuits glaciales, ils s'enfouissent littéralement dans la paille, tous empilés les uns contre les autres. Ce sont des bêtes de clan qui ont besoin de la proximité des autres.
« Nous avons choisi d'élever nos animaux au fil des saisons et de composer avec Dame Nature. »
C'est pour nous la façon d'exploiter le caractère rustique de nos bêtes. Sans négliger leur confort, nous priorisons leur liberté et leur instinct de survie. Cela se transpose dans leur état de santé général, qui est d'ailleurs constaté par nos vétérinaires.» – Janvier 2020
«S'occuper de notre petite ferme est très valorisant pour nous. Cela nous tient bien occupés: nous passons des heures avec nos bêtes. Jour après jour, nous devons moudre le grain, nourrir les animaux, ajouter de la paille pour leur litière, traire notre vache. Même si ces tâches sont répétitives et parfois ardues, nous aimons ce contact avec nos animaux: porcs, vaches, poules et cheval. Nous refaisons sans cesse les gestes qui nous relient au mode de vie que nous avons choisi.» – Janvier 2021
«En janvier, Valentin a réalisé un petit chantier de travaux forestiers: il a éclairci un petit secteur de l'érablière qui n'est pas encore entaillé afin d’y installer un réseau de collecte dans les prochaines années. Comme ce réseau sera en place pour 10 à 15 ans, il est préférable d'enlever les arbres qui ont peu d'avenir et de vigueur.
Évidemment, nous utilisons ces arbres: érables à sucre, érables rouges et bouleaux jaunes, comme combustible pour notre évaporateur ainsi que pour nos bâtiments. Quelques beaux billots de bouleau jaune sont mis de côté pour être vendus à une scierie. Enfin, nous récupérons toutes les branches pour les passer dans notre chipper. Ces copeaux sont très utiles comme paillis dans nos jardins.
Ensuite, Valentin a éclairci une plantation de pins sylvestres d'une quarantaine d'années située à l'intérieur de l'enclos des cochons. Le but était de préparer un gros voyage de bois de pin qui sera transformé en planches de finition pour la maison, la cabane à sucre et d'autres projets. Utiliser notre bois pour nos constructions et pour la finition est une de nos grandes fiertés. Avoir un lot de planches séchées, planées et embouvetées provenant de notre terre, cela vaut de l'or pour nous!» – Janvier 2021
FÉVRIER
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«L'entaillage est la tâche la plus importante de la production acéricole. Un bon entaillage est l'équilibre entre un rendement optimal en eau d'érable et un impact minimal pour la santé de l'arbre.
L'entaille doit être faite dans du bois sain, sans défaut. Nous repérons les défauts en lisant l'écorce des arbres. Nous pouvons ainsi y repérer des entailles des années précédentes (des blessures que l'on fait volontairement à l'arbre), des fentes, des défauts d'élagage naturel, ou même des caries internes (qui peuvent être détectées par des signes sur l'écorce). Il faut espacer les entailles d'année en année pour éviter la fusion des blessures et ainsi en diminuer l'impact.» – Février 2020
«Quelle paix dans les montagnes! Que du silence, des craquements d'arbres, du vent et des mésanges. Et beaucoup d'érables! On s'habille chaudement, on traîne nos raquettes et on file en Skidoo derrière la maison, vers les secteurs d'entaillage.
« À ce temps-ci de l'année, nous avons vraiment l'appel de la forêt. »
Pour nous deux, l'entaillage s'étire sur quelques semaines, à temps partiel, à cause des travaux quotidiens à l'étable. On commence à visualiser la saison des sucres à venir. On est heureux de prendre le temps de faire le tour de toute l'érablière, arbre par arbre. C'est notre petit pèlerinage annuel!» – Février 2024
«Cette année, on complexifie l'opération en changeant les chalumeaux. Un chalumeau neuf devrait nous apporter un gain de productivité. Dans une optique de performance, certains producteurs les changent annuellement. Pour notre part, on fait une rotation aux quatre-cinq ans. Il faut penser que tous ces chalumeaux de plastique s'ajoutent à une montagne de matières résiduelles à laquelle nous souhaitons contribuer le moins possible. Même si ce plastique est récupéré et revalorisé, on priorise le R de Réduire plutôt que celui de Réutiliser et de Recycler.» – Février 2025
«Pour nous, la production de semences directement au jardin est une forme de liberté qui donne du sens à tout notre travail de jardiniers. Depuis plusieurs années, nous développons différentes techniques au fil des saisons de jardinage pour conserver les semences de nos légumes préférés. Nous avons beaucoup appris de Semences du patrimoine - Seeds of diversity. Nous choisissons les légumes qui sont bien acclimatés à notre environnement, à notre climat montagnard des Appalaches, et qui se conservent bien au caveau, comme la carotte blanche de Kuttingen, la citrouille petite sucrée ou le concombre petit russe. Ce sont ces légumes qui font le succès de notre autonomie alimentaire! Toutes ces semences récoltées sont précieuses pour nous.» – Février 2025
MARS

«Chaque année, c'est un moment intense, car, après plusieurs mois d'inutilisation, on constate s'il y a des bris dans nos équipements. On a lavé les bassins et relâcheurs dans les stations de pompage et à la cabane, puis démarré la pompe vacuum et les pompes de transfert, en plus de faire quelques réparations en forêt.
La première eau récoltée est jetée afin de rincer la tubulure. Toutefois, nous avons conservé de la belle eau d'érable dans deux bassins. Notre espace de stockage est suffisamment grand pour choisir de ne pas la traiter tout de suite. De plus, un léger vieillissement de l'eau d'érable est favorable à un meilleur développement des saveurs, surtout en début de saison.
« Cet avant-goût du temps des sucres
nous rend un peu fous! »
Le temps doux nous a également permis d'ouvrir le caveau à abeilles et de faire une inspection des ruches. La surprise est totale: nos ruches hivernées sont toutes vivantes et vigoureuses! Quelle bonne nouvelle! La survie des abeilles en hiver est difficile et nous avons habituellement plus de mortalité.
Nous avons redonné un apport de sucre à nos vaillantes colonies afin de les fortifier et de stimuler la ponte, pour les dernières semaines de leur hivernement.» – Mars 2021
AVRIL

«C'est le temps des sucres! Notre temps fou! La nature est généreuse. Le matin, nous nourrissons tous nos animaux à l'étable, nous trayons notre vache et nous gérons des commandes et de la paperasse. Puis nous passons plusieurs heures à la cabane, à contrôler l'arrivée de l'eau d'érable, à la concentrer, puis à opérer l'évaporateur. Le travail n'est jamais vraiment terminé, car les animaux nous attendent à la ferme. Luce-Maude remonte pour les soigner en fin de journée avec les enfants. Et le travail à la cabane se termine souvent tard en soirée.» – Avril 2021
«Le pilier de notre production, avec lequel nous adorons travailler, est notre évaporateur au bois de nouvelle génération extrêmement performant. Grâce à son design et son isolation, il nous permet de maximiser la précieuse ressource forestière. Sous les casseroles avant, la température peut monter jusqu'à 1600-1800 °F, tandis que dans la souche, à la sortie de l'évaporateur, la température est de 300 °F. Il y a donc très peu de perte de chaleur!
« Nous avons choisi de produire notre sirop d’érable en utilisant le bois comme source d’énergie.
Pour nous, le bois est une ressource renouvelable et de proximité, ce qui nous permet une certaine autonomie, tout en limitant l’utilisation du pétrole. »
La cuisson de l'eau d'érable sur feu de bois favorise le développement des saveurs, car la durée de la cuisson est prolongée et irrégulière, ce qui favorise l'effet de la réaction de Maillard (réaction chimique survenant lors de la cuisson qui déploie les arômes et change la couleur des aliments).» – Avril 2020
«Qui peut prédire le déroulement et l'issue d'une saison acéricole? On a vécu des semaines de coulées intermittentes, avec tellement de changements de température. Comme tout le monde le sait, les coulées sont influencées par le gel et le dégel. Toutefois, plusieurs autres facteurs jouent, dont un qui est primordial: le dégagement du pied des arbres. Pour ce faire, la pluie est essentielle pour faire pourrir la neige: elle change alors de texture, a l'allure du gros sel et ne porte plus, même en raquettes. La saison des sucres nous démontre une fois de plus qu'on apprend tout le temps et qu'on doit rester humbles malgré l'expérience.» – Avril 2025
MAI
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«Ces jours-ci, on passe beaucoup de temps dans notre érablière pour désentailler. C'est une course contre la montre afin de terminer la tâche avant que les feuilles ne sortent, car nous voulons laisser la chance aux arbres de cicatriser la blessure d'entaillage le plus tôt possible dans la saison. En effet, la croissance radiale des arbres ainsi que la cicatrisation des blessures se font en début de saison, au moment du débourrement des feuilles.
Quel bonheur de voir les bourgeons de feuilles évoluer de jour en jour sur les peupliers faux-trembles, érables de Pennsylvanie et érables à épis! La floraison des arbres et arbustes est discrète, mais tout de même majestueuse. Et l’on fait de magnifiques trouvailles au sol avec les délicates plantes printanières: trientale boréale, trille rouge, plus rarement trille blanc, clintonie boréale.» – Mai 2023
«Les cochons sont au champ! Enfin! Quand ils peuvent à nouveau retrouver leur liberté de cochon, c'est tout un changement dans leur quotidien. Leurs journées sont maintenant bien remplies: travaux au champ (labourage, essouchage, fouillage), siestes en forêt, bains de boue et re-siestes à l'étable.
« Après leur repas, tous les cochons partent à la queue leu leu, en suivant leur sentier, accompagnés des bébés et des truies. »
On ne se lasse pas de voir nos bêtes suivre leur instinct et profiter ainsi de leur liberté.» – Mai 2020
«La ferme est toute pleine de vie. Nous faisons la traite chaque matin et réservons du temps chaque jour pour transformer le lait (yogourt, beurre et fromage). Même si c'est très exigeant en temps, cela demeure très important dans notre projet d'autonomie. Cela fait partie de nos tâches de paysans. Répéter les mêmes gestes jour après jour pour se nourrir.» – Mai 2022
JUIN

«Après deux étés à travailler ces friches (labourer, herser, chauler, faire une culture d'engrais vert), c'est cette année que nous allons cultiver des grains pour vrai!
Dans le but d'atteindre plus d'autonomie sur notre ferme, nous voulons produire nous-mêmes les grains et le foin afin de nourrir nos animaux. Comme notre ferme est située dans un secteur forestier, nous devons remettre en culture des terres en friche abandonnées. Dans notre rang, chez nos voisins, subsistent des bouts de terres partiellement repris par la nature qui représentent un potentiel de culture pour nous.
« C'est un rêve qu'on réalise! »
Valentin est allé chercher le beau tracteur rouge que nous louons jusqu'en octobre. Puis, on est allés chercher les semences de blé, d'orge et de pois à la Ferme Geonel à Saint-Joseph-de-Lepage, près de Mont-Joli. S'en sont suivis de nombreux allers-retours dans les champs afin de préparer la terre (avec la herse et le vibro), puis pour semer des centaines de kilos de grains biologiques.
Pour une première année, si les rendements sont appréciables lors des récoltes, 100% des grains servant à nourrir nos animaux proviendront de nos cultures.» – Juin 2025
JUILLET
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«Nous voici au cœur de l'été, cette période (qui passe comme l'éclair...) remplie de lumière, de fleurs, de couleurs et de promesses de récoltes abondantes. Si tout ceci pouvait durer... C'est encore le temps des fraises des champs et les framboises sauvages s'en viennent. La valériane sent bon, le millepertuis et l'épilobe sont en fleurs, ainsi que les plantes des champs, dont le trèfle blanc, adoré des abeilles et des vaches.
« Nos animaux profitent des beaux jours. C'est le temps de l'année où l'étable est souvent complètement vide. »
Dans toute cette splendeur, notre devoir est de savourer l'été au jour le jour. Comme des abeilles, nous butinons ici et là du matin au soir entourés de la vie de la forêt et de la ferme. On y entre à l'heure du train et seul Bob, le verrat, nous attend dans son enclos. Toutes les bêtes sont occupées ailleurs!» – Juillet 2022
«Les cochons nés cet hiver grossissent bien. Les plus jeunes sont de vrais petits délinquants. Turbulents, pendant la sieste d'après-midi, ils fouillent partout dans l'étable et mettent tout sens dessus dessous! En fait, les animaux nous montrent toujours la petite faille et nous rappellent les travaux et améliorations qu'il reste à faire.
Heureusement, ils ont un vaste terrain pour s'amuser dehors. Ils creusent d'immenses trous au fil des jours, et ils essouchent et sortent parfois de très grosses roches du sol.
Ça bouge également dans les ruches. Nos abeilles bénéficient du temps très chaud, puisqu'elles peuvent travailler tous les jours. À ce moment-ci de l'été, il y a une belle diversité de fleurs mellifères: trèfle blanc, moutarde sauvage, aster, mélilot, prunelle, vesce, rosier, épervière, mauve, millepertuis.» – Juillet 2020
«Nos cannes se sont mises à couver. Elles sont très patientes. Elles restent dans leur nid et sortent environ 20 à 30 minutes en fin de journée pour boire et se dégourdir en mangeant dans l'herbe. Pendant ces longues journées, les deux mâles arpentent le terrain autour des deux couvées, l'air préoccupé! Si la nature le permet, nous aurons une belle surprise début août. Coin coin!!
Côté boucherie, nous en sommes à la fabrication des pâtés de campagne, aux produits de charcuterie fine, et à trouver toutes les façons de valoriser le gras de nos porcs. Nous découvrons l'infini des possibilités, entre autres avec l'utilisation de nos herbes, champignons et produits de nos ruches. Nous entrevoyons peu à peu le lien entre toutes les productions et les saveurs de notre petit univers Vert Forêt.» – Juillet 2022
AOÛT
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«L'été passe… la ferme et la forêt nous fournissent abondamment de travail chaque jour!
Tout est long à faire: des heures et des heures à cueillir, à désherber, à travailler le sol au tracteur, à scier du bois pour nos projets de construction. Il faut veiller au bien-être de tous nos animaux. Les périodes de chaleur extrême sont stressantes. Nous faisons plus de surveillance à l'étable, nous gardons les vaches et le cheval à l'intérieur, nous nous assurons qu'il y a de l'eau en abondance pour tous. Les porcs sont particulièrement sensibles à la chaleur. Ils doivent pouvoir réguler leur température en se roulant dans la boue et en se reposant à l'ombre.
Nous trouvons des moments pour réaliser de petites productions dans la salle de transformation: embouteiller du sirop, faire de la cassonade, des tests de fruits confits et de savon.
« Nous gérons aussi nos récoltes, ces temps-ci: nettoyer et congeler les fruits (mûres, groseilles et bleuets), faire les confitures, concombres lactofermentés et cornichons marinés à l'aneth, etc. »
Nous surveillons nos champs en culture. Ceux semés en juin avec un mélange de blé, d'orge et de pois biologiques sont verdoyants, les épis sont dressés et à l'étape de la floraison. Les plants de pois s'agrippent aux tiges de blé et d'orge dans un magnifique fouillis.
Le seigle semé en septembre dernier est prêt à être récolté! Les épis blonds lourds de grains, qui ondulent dans le vent, nous offrent un spectacle magnifique. La récolte des grains est imminente. Notre moissonneuse-batteuse est prête.» – Août 2025
SEPTEMBRE

«Chez nous, c'est véritablement la période d'abondance! La ferme et la forêt nous offrent tant d'aliments à ce temps de l'année: le lait, la viande, les œufs, les graines, et tant de fruits et de légumes. Toute cette abondance exige une gestion intensive des aliments.
Nos cochons ont deux repas par jour. Il s'agit d'un mélange de grains que nous faisons tremper dans des chaudières. Le résultat ressemble à un appétissant gruau. Les cochons raffolent aussi des restes du jardin, incluant les mauvaises herbes et les surplus de récoltes: feuilles de chou, pommes, courges, plants de maïs. Ils mangent de tout, tout l'automne! Nous gâtons aussi les truies en lactation et les bébés avec des œufs et les surplus de lait de notre vache Brioche. En fait, nous les considérons comme de fins gourmets; ils aiment manger et sont très curieux.» – Septembre 2020
«Cet été, nous avons débuté la production des intrants pour les transformations à la boucherie, comme les poudres d'ail et d'oignon, ainsi que les graines de coriandre et de fenouil. Il nous reste beaucoup de choses à explorer.
« C'est aussi le temps des récoltes de grains. Avec le battage des céréales, nous remplissons notre silo avec des grains certifiés biologiques cultivés localement: avoine, seigle, orge, blé et pois. »
Quelle belle période: aller récupérer les chargements de grains directement au champ et mettre les mains dans le grain encore chaud avant de l'entreposer dans notre silo.» – Septembre 2022
«Toutes nos cultures sont prêtes, récoltées ou en voie de l'être. Ces jours-ci, nous récoltons les citrouilles à graines nues pour notre réserve de graines, les tomates pour les sauces, les herbes (thym, origan, menthe), les plantes médicinales (concentrés de cataire, framboisier, thym), les graines de coriandre et les piments pour les transfos de la boucherie (= smoked meat!), les petits kiwis nordiques pour remplacer les raisins secs (mi-séchés), les pommes sauvages pour la conservation, les compotes et le cidre, sans oublier les graines pour la conservation des semences (panais, carottes, pois mange-tout, légumineuses Laliberté).
Et les grains, ces champs de grains qui terminent leur mûrissement ces jours-ci. Après la récolte du seigle faite fin août, Valentin a consacré une journée entière à la maintenance de notre moissonneuse-batteuse, histoire de la connaître encore plus. Quelle machine incroyable qui permet de récolter les céréales en une seule opération! Elle réalise simultanément la moisson (couper les épis) et le battage (décortiquer chaque grain), ne laissant derrière elle que les tiges (la paille). La moissonneuse-batteuse est prête, et on surveille nos champs de jour en jour.» – Septembre 2025
OCTOBRE
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«Le début de l'automne est particulièrement lumineux. Nous profitons de tout le temps qui passe pour terminer nos travaux d'automne. L'air est frais, et le soleil nous réchauffe encore à l'occasion. Les animaux profitent aussi des dernières semaines pour jouer dehors. Les cochons font chaque jour la navette entre l'étable, pour manger et dormir dans la paille, et leur grand pacage pour fouiller.
Nous passons également du temps dans notre salle de transformation. Nous avons refait nos réserves de cassonade d'érable, que nous offrons en sacs de 250g et 500g, et en vrac (1 ou 2 kilos). Et nous vous préparons des cretons et des fèves au lard!
« Notre miel d'été de la saison est presque tout empoté et notre miel de sarrasin le sera d'ici peu! »
La récolte a été très bonne cette année. Nous avons bichonné nos abeilles tout l'automne pour bien les préparer à passer l'hiver (traitements antiparasitaires, un bon nourrissage et apport de suppléments de pollen). Les colonies sont encore à l'extérieur et nous allons bientôt les mettre dans le caveau à abeilles.» – Octobre 2020
«On termine plusieurs travaux d'entretien, les corvées de bois de chauffage et diverses constructions avant l'arrivée de la neige. On a aussi fait de la boucherie dans les derniers jours et embouteillé du sirop d'érable.» – Octobre 2025
NOVEMBRE

«Ici, à la ferme, on est déjà en mode hiver! On adore la neige, mais cela complique notre travail. Il faut déjà déneiger le long chemin de la cabane et la cour de la ferme. Et cette semaine, on a terminé de marcher nos lignes pour faire des réparations dans l'érablière... dans la neige.
« Nous sommes aussi en pleine production de nos fruits confits. Dans l'industrie, les fruits confits sont sucrés avec du glucose et remplis de colorants. »
C'est en cherchant une alternative aux fruits confits classiques que nous avons décidé de les fabriquer nous-mêmes. En recherchant quels fruits utiliser, nous avons finalement testé différents légumes (courges et légumes racines) dont les fibres se prêtent bien au confisage. Nos fruits confits sont composés de légumes de notre jardin et de notre sirop d'érable, préparés selon le processus du confisage, d'une durée de dix jours. Ils sont délicieux!» – Novembre 2020
DÉCEMBRE

«Chez nous, la nature est au repos. La forêt est toute calme et enneigée. Nos cultures se reposent sous la paille et la neige. Nos colonies d'abeilles sont en mode hivernal au caveau. Même à l'étable, on sent bien l'effet des jours courts et du froid sur les animaux. Les cochons se plaisent dans le confort douillet de l'étable. Ils passent BEAUCOUP de temps dans la paille!
Autour de nous, tout nous invite à prendre une pause. Comme le travail ne manque jamais dans un projet d'autonomie alimentaire, nous ne prenons pas de pause. Mais nous adoptons un rythme plus lent, avec moins de pression, et ça fait du bien!» – Décembre 2021
«On y est arrivé juste à temps... La récolte des poireaux et des choux. Installer les vaches et le cheval dans l'enclos d'hiver. Terminer de ranger la machinerie, le bois de chauffage, et tout ce qui traînait près de l'étable. Ranger aussi les derniers outils et filets pour les cultures, ainsi que la clôture électrique (anti-chevreuils) à notre petite fraisière située en forêt.
« Notre projet d'autonomie est bien visible ces temps-ci: les sheds à bois de la maison et de la cabane à sucre presque pleines (disons que la quantité est calculée cette année), le silo rempli de nos grains plus qu'il n'en faut, et les fruits et légumes à l'abri dans la maison. »
La gestion des récoltes n'est pas tout à fait terminée: il faut trier les semences de légumes récoltées à l'automne, faire les dernières conserves, comme les betteraves marinées et des gelées de fruits, aussi, ouvrir toutes les citrouilles à graines nues, de même que filtrer les derniers vinaigres médicinaux et aromatiques.» – Décembre 2025
